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Hey, what’s Apening Maxime?

par // 05.07.2014

Salut la compagnie, beaucoup parmi vous ont lu l’article sur le site Internet d’Angers Mag. Pour information, il a été coupé au montage, voici donc la version complète ! Merci au passage à Cyrille pour l’article et les jeux de mots.

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Hey, what’s Apening Maxime?

 

« La planète des singes », le reboot angevin? Un rêve. Non, une réalité. Depuis un mois, Maxime Weis accueille les fans d’électro, et les amoureux du poireau, dans sa boutique-concept-store, Mixape. Antre idéal pour se relooker, converser entre potes ou acquérir du son qui dépote. Esprits chagrins, passez votre chemin. Ape signifiant singe, le lieu est aussi vivement déconseillé aux bons à rien…

 

« La fête ne se fait pas dans des boîtes de nuit avec des plumes / Mais dans le noir entre amis ». C’est ainsi que Françoise Sagan définissait la fête dans Bonjour Tristesse, il y a 60 ans. Maxime Weis, 29 ans, proprio de Mixape, a-t’il lu ce panthéon de la littérature? On ne le sait pas. Et puis, neurasthénie ne semble pas rimer avec l’état d’esprit du jeune homme. En revanche, on devine aisément que cette gueule d’ange à la Jeff Seid, les tablettes de chocolat en moins mais la barbe soignée en étendard et en sus qui masque difficilement un air facétieux, n’est pas le dernier pour la déconne. Et la teuf. Outre des punchlines ciselées et totalement improvisées qui lui confèrent des airs de mini Pierre-Antoine Barré, chroniqueur canalplussien faisant passer Guillon pour un comique troupier, Maxime, gendre idéal matriciel, est un agent matrimonial exemplaire, unissant fastoche causticité bienveillante et sens de l’accueil chaleureux. A l’image de son bébé, sa petite entreprise : Mixape.

 

Hors contexte, ce qui frappe quand on pénètre chez Mixape, sis au 7 rue Pocquet de Livonnières, c’est le côté a priori ultra bobo. Parquet, tuffeau, vieilles poutres, cheminée limite haussmannienne, tons sobres qui nous font de l’œil, intégrale Tsugi que voisinent quelques bibelots top design et qui, roublards, semblent gentiment nous toiser : ne manquent que les moulures. Où diantre sommes-nous? Quais de Valmy ou Jemmapes à Paris 19ème? Dans un lieu hybride dont seuls les hipsters ont le secret? Un truc trop fake, fabriqué, étudié pour être sincère? A priori, donc, quand on s’aventure chez Mixape, toutes ces réminiscences nous reviennent tel un boomerang. Et puis, déboule Maxime, le boss, mains dans les poches, démarche über coole, sourire discret mais franc, regard d’emblée taquin. On se dit alors qu’on s’est planté niveau constat. L’exercice de l’interview devient alors complexe quand face à soi se profile un tel personnage, au charme évident et un brin canaille, à la gouaille mesurée comme greffée à la naissance. Que faire face à un à peine trentenaire, un gosse quoi, qui, juste avant l’entame des questions-réponses, doit poliment refuser l’entrée en magasin à quelques habitués à l’aide d’un touchant : « Désolé, les gars, je suis en pleine interview »? Indication lâchée avec sympathie. Un peu désarçonné, on s’exécute, malgré tout. On branche le mic. Boit le café. Et les paroles. Plug in, baby!

 

Du métal à l’électro, du Saumur à « 24 heures chrono »

 

« Mixape est d’abord un lieu de vie, d’échanges entre connaisseurs et novices, commence Maxime, on peut y boire un coup (il a la licence 3, NDR) sans qu’y soit effectué pour autant un acte d’achat ». Ca, c’est pour le coté Life. Car sur le flyer de ce concept-store figure le triptyque « Life-Culture-Electro ». A l’image des parutions trendy type « Snatch », « Technikart » ou autre « Next ». A la différence que là nous sommes dans un magasin, non dans un magazine. Nous sommes dans la vie, le réel. Culture à présent : « J’invite de temps à autre des copains artistes, des clippeurs ou des DJ ». Ainsi mercredi dernier, veille de fête pétainiste du travail, Maxime a organisé un apéro sous forme de battle Angers-Nantes. Plus fort, la semaine même de l’ouverture des lieux, 43 m2 dont 3 de terrasse -de quoi faire groover ton booty, Alex Millan, figure emblématique de la scène électro Montpelliérenne, est venu faire un set à l’occasion de la sortie de son nouvel album. Pas mal en guise de baptême du feu. Itou s’agissant de la 3ème et dernière dimension de l’univers Mixape, l’électro. Lequel est constitué d’un fonds de quelque 350 vinyls « rangés par pays et non par labels ou artistes, ce qui oblige les gens à creuser, à chercher », lance le tout jeune patron flanqué d’un sweat capuche à la Zuckerberg les bourses, à quelques milliards près, beaucoup moins pleines.

 

« Je ne compte pas le nombre de banques qui m’ont envoyé balader », indique Maxime. Avant de continuer: « Le projet a germé il y a deux ans ». Puis, « j’ai donné ma démission début 2013 ». Comme chez nombre de ses congénères, la fameuse génération Y, le taulier de Mixape, semble carburer à l’adrénaline, à la prise de risques calculée -c’est pas à un jeune singe… Certes le départ de chez son ancien employeur a été négocié -il a été ingénieur consultant pendant six ans, mais « je ne me laisse que 15 mois avant de jauger de la viabilité de l’affaire ».

 

Ancien cadre, DG à peine tombé du berceau biberonné au métal hargneux d’une adolescence forcément toujours sur le fil, passé à la culture DJ sans oublier ses racines -« mon album préferé reste le « 2 many DJ’s » très rock de Soulwax », bénévolant au Chabada, activité lui permettant de réseauter avec le landerneau teufeur angevin et plus, afficionado de « 24 heures chrono » dont il assure n’avoir vu aucun teaser de la saison 9 débarquant ce lundi sur la Fox, Maxime Weis sait faire le grand écart. Ainsi le soir venu, après 19h, son concept-store plus vraiment embryonnaire, sage la journée avec accolées aux murs ses fringues « 100% made in France comme Tealer, Coontak ou 415 et dont je suis le seul distributeur à Angers », se dépouille de ses oripeaux purement mercantiles et se métamorphose en potentiel dancefloor. Le vin, saumurois, coule a flot. Les beats à flow. En pleine nuit. Pas dans le noir complet. Ça se passe entre ami.e.s et nouveaux-venus. Tous les mélanges sont alors permis. Adieu tristesse. Mixape? Petit Max deviendra grand mix.

 

Pratique : Mixape, 7, rue Pocquet de Livonnières / 02 41 86 05 90 / Ouvert du mardi au samedi de 10h30 à 13h30 puis de 14h30 à 19h.

Retrouvez la play list (Cool; apéro; boom boom) de Maxime sur le www.mixape.fr.